Jacques BOUMENDIL______________
Directeur de la Photo

 

 

 

 

 

 

L’IMAGE D’UN FILM

            L’image d’un film, c’est avant tout la volonté d’un metteur en scène.
Guy est très concerné par l’aspect visuel de ses films
Nous en parlons très en amont  avec profusion de références.
Dans les précédents films de Guy dont j’ai assuré la photo nous avions la volonté de ne pas nous laisser déborder par la couleur afin d’éviter l’aspect carte postale souvent associé à l’image de la Martinique et des caraïbes. Cela demandait un travail particulier dès les prises de vues mais aussi un travail photo chimique précis, une étape réalisée au laboratoire.

            Pour Aliker le problème ne se posait pas de la même façon. Malgré l’omniprésence du pays, Aliker est avant tout un film urbain : le centre de l’action est une imprimerie en ville.
Le héros est un journaliste qui s’engage corps et âme dans sa mission d’information.

            Tout en libérant la couleur, nous avons décidé avec le chef décorateur Nikos Meletopoulos et la costumière Sandrine Alpha que les décors et les costumes resteraient malgré tout dominés par des teintes sourdes et parfois sombres, ce qui allait de pair avec le thème de l’eau omniprésent dans le film. Cette eau accompagne le personnage d’ALIKER, elle est pour lui source de vie tout comme elle sera l’élément de mort ; eau sombre qui accueillera un corps sans vie. Eaux de pluie, eaux des caniveaux à ciel ouvert, eaux de mer, idéales pour servir  notre parti pris de ce travail, que nous voulions sur  la lumière.

            À l’inverse, nous sommes sortis du code que nous nous étions imposé pour la scène du cimetière. Le soleil aveuglant sur les tombes blanches irradie les visages dans un halo de lumière. Les expressions des comédiens s’en trouvent renforcées, pour nous permettre de percevoir aussi bien la douleur profonde que l’espoir d’une renaissance, d’une solidarité accrue, clef de voûte d’un parti ouvrier plus fort que jamais.

            L’unique concession à la couleur éclatante du film, est la scène de l’assassinat  d’Aliker qui se situe sur une plage à la tombée du jour avec un ciel sanguinaire caractéristique. Cela renforce l’idée s’il en était besoin qu’en dépit des paysages de rêve de ces lieux, il peut s’y produire des d’inacceptables  tragédies.