
Jacques BOUMENDIL______________
L’IMAGE D’UN FILM L’image d’un film, c’est avant tout la volonté d’un metteur en scène. Pour Aliker le problème ne se posait pas de la même façon. Malgré l’omniprésence du pays, Aliker est avant tout un film urbain : le centre de l’action est une imprimerie en ville. Tout en libérant la couleur, nous avons décidé avec le chef décorateur Nikos Meletopoulos et la costumière Sandrine Alpha que les décors et les costumes resteraient malgré tout dominés par des teintes sourdes et parfois sombres, ce qui allait de pair avec le thème de l’eau omniprésent dans le film. Cette eau accompagne le personnage d’ALIKER, elle est pour lui source de vie tout comme elle sera l’élément de mort ; eau sombre qui accueillera un corps sans vie. Eaux de pluie, eaux des caniveaux à ciel ouvert, eaux de mer, idéales pour servir notre parti pris de ce travail, que nous voulions sur la lumière. À l’inverse, nous sommes sortis du code que nous nous étions imposé pour la scène du cimetière. Le soleil aveuglant sur les tombes blanches irradie les visages dans un halo de lumière. Les expressions des comédiens s’en trouvent renforcées, pour nous permettre de percevoir aussi bien la douleur profonde que l’espoir d’une renaissance, d’une solidarité accrue, clef de voûte d’un parti ouvrier plus fort que jamais. L’unique concession à la couleur éclatante du film, est la scène de l’assassinat d’Aliker qui se situe sur une plage à la tombée du jour avec un ciel sanguinaire caractéristique. Cela renforce l’idée s’il en était besoin qu’en dépit des paysages de rêve de ces lieux, il peut s’y produire des d’inacceptables tragédies.
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